Prévenir les coups de soleil par la nutrition

En Bretagne tout est possible, et surtout d’attraper des coups de soleil, même sans soleil ! En effet, la Bretagne est la région la plus touchée par le cancer de la peau. Le principal facteur de risque des cancers de la peau est l’exposition aux UV du soleil, mais la consommation d’alcool peut également jouer un rôle. La plupart des cancers associés à la consommation d’alcool se trouvent dans le tube digestif, c’est à dire les tissus avec lesquels l’alcool se trouve le plus en contact direct (1). Mais l’alcool est responsable également des cancers de la peau. Une étude de 300000 américains a constaté qu’une consommation excessive d’alcool était associée à des taux plus élevés de coups de soleil. Il se peut qu’une consommation d’alcool importante et excessive soit un signe d’une volonté sous-jacente de ne pas tenir compte des risques pour la santé et de ne pas prendre les mesures nécessaires pour se protéger efficacement la peau sur la plage (2). Mais peut-être que c’est parce que les produits de dégradations de l’alcool dans le corps génèrent des quantités tellement massives de radicaux libres qu’ils consomment les antioxydants qui protègent notre peau du soleil (3). Les plantes produisent leur propre protection intégrée contre les dommages oxydatifs du soleil, et nous pouvons exproprier ces protecteurs intégrés en mangeant ces plantes pour qu’elles fonctionnent comme des protecteurs cellulaires au sein de notre propre corps (4). Sachant que les fruits et légumes fournissent la meilleure poly pharmacothérapie, la meilleure pharmacie contre le développement du cancer (5). L’ingestion d’aliments végétaux augmente le potentiel antioxydant de notre circulation sanguine (6), qui peut ensuite être déposé dans nos tissus et nous protéger contre les effets néfastes des rayons du soleil (7). Cette assertion a récemment été testée en prenant 20 femmes sur lequel on a brûlé leur derrière avec une lampe UV avant et après que la moitié d’entre elles aient mangées trois cuillères à soupe par jour de concentré de tomate pendant 3 mois, et il y avait beaucoup moins de dommages d’ADN dans les derrières de celles qui avaient mangé les concentrés de tomates (fig. 6) (8). Donc pour prévenir des coups de soleil, si l’on mange beaucoup d’aliments riches en antioxydants comme la sauce tomate par exemple, nous pouvons réduire la rougeur du coup de soleil de 40%. Correspondant ici à avoir une protection solaire intégrée à la peau. Il est évident que ce n’est pas aussi bon qu’une crème solaire à indice de protection élevée, mais la plus grande partie des expositions aux UV durant notre vie, se produit lorsque la peau n’est pas protégée ; donc l’utilisation de facteurs diététiques avec des propriétés de protection solaire pourrait avoir un effet bénéfique important (9). Mais cela fonctionne dans l’autre sens, car la consommation d’alcool diminue la protection au sein de notre peau. Si des personnes boivent environ trois verres de vodka, en 8 minutes (contrairement aux 3 mois dans l’autre sens), le niveau d’antioxydants caroténoïdes dans leur peau diminue considérablement. Mais si l’on rajoute du jus d’orange dans la même quantité de vodka, il y a encore une baisse d’antioxydants de la peau, mais l’effet est moins négatif que de la vodka pure (fig.2). Après les boissons, ils ont exposé les volontaires à une lampe UV pour voir si les différences de baisse d’antioxydants pouvaient en pratique réduire le risque de coups de soleil. Et ont attendu de voir combien de temps il leur faudrait pour brûler. Le laps de temps jusqu’à ce qu’ils aient commencé à devenir rouge était significativement plus court après la consommation d’alcool (66,7min en moyenne) que dans les expériences où soit aucun alcool n’était consommé (101,7min), soit de l’alcool associé avec un jus de fruit (96,7min). Correspondant ainsi à une demi-heure de soleil supplémentaire sur la seule base de ce que l’on met dans notre bouche avant d’aller à la plage. Les chercheurs concluent que les gens doivent être conscients du fait que la consommation d’alcool, associée avec une exposition au soleil ou une cabine de bronzage, augmente le risque de coups de soleil et donc leur risque de développer un vieillissement prématuré de la peau et même un cancer de la peau. Si la consommation d’alcool ne peut pas être évitée, alors vous devriez vous assurer que vous avez une protection solaire ou alors de faire une bonne razzia sur des fruits contenant beaucoup d’antioxydants (10).

On peut observer que sur cette base, les oranges sont assez faibles en antioxydant et qu’il existe mieux pour se protéger du soleil. On constate que les fruits qui sont susceptibles d’offrir un maximum de protection sont les baies (bleuet, framboises, fraises, myrtilles, cassis…) en général (fig.3)(11).

Le thé pour la prévention des cancers et la détérioration de la peau

Le thé est également une bonne base pour prévenir des cancers de la peau (mais pas que). Il y a de plus en plus de preuves d’études de laboratoire, de populations et interventionnelles humaines, que le thé peut exercer des effets bénéfiques pour la prévention, et peut en outre ralentir la progression du cancer (12). Non seulement ceux qui boivent beaucoup de thé semblent vivre plus longtemps que ceux qui en boivent moins (Table 5) (13), mais boire beaucoup de thé peut retarder l’apparition du cancer (Table 5). Les femmes atteintes d’un cancer semblaient l’avoir 7 ans plus tard, si elles avaient bu beaucoup de thé par rapport à celles qui en consommaient moins, alors que chez les hommes, c’était 3 ans, la différence homme/femme étant principalement due à la consommation de tabac (14). Le thé vert peut interférer avec chacune des étapes de la formation du cancer (fig. 2), l’initiation de la première cellule cancéreuse, la promotion en tumeur, la progression et la propagation ultérieures. Le cancer est souvent initié quand un radical libre oxyde l’ADN, provoquant une mutation (12). Mais, 40 minutes après un thé vert, l’on peut voir un bon pic d’antioxydants dans le sang (fig. 1). Cette augmentation peut à son tour, réduire les dommages oxydatifs à l’ADN et ainsi diminuer les risques de cancer (15). En termes d’effets, la protection de nos gènes, les dommages à l’ADN induits par une oxydation préexistante, étaient plus faibles après avoir bu un thé vert, ce qui suggère qu’il peut aussi stimuler la réparation de l’ADN (16). Dans notre corps, nous avons une enzyme de réparation de l’ADN, l’OGG1, et une heure après une tasse de thé vert, on peut stimuler son activité, mais après une semaine à boire du thé, les résultats sont encore meilleurs (Fig. 1) . Donc la consommation régulière de thé vert peut avoir des bienfaits supplémentaires pour la prévention et/ou la réparation des dommages à l’ADN (17). Le thé a également des attributs anti-inflammatoires, et peut être utilisé pour le contrôle de la douleur, comme bain de bouche après une chirurgie des dents de sagesse (fig. 2) (18). En termes de contrôle de la croissance du cancer, à une dose de composés de thé vert équivalente à six tasses, il peut causer le suicide des cellules cancéreuses, l’apoptose (fig. 2), la mort cellulaire programmée, tout en laissant tranquille les cellules normales. Sachant qu’il y a beaucoup de produits de chimio qui peuvent tuer le cancer par la force, mais cela peut aussi rendre les cellules normales vulnérables. Donc le thé vert semble être potentiellement un agent idéal pour la prévention du cancer car il n’a peu ou pas d’effets secondaires, il est efficace contre plusieurs cancers à des doses réalistes, et, il peut être pris par voie orale. Cela marche, en arrêtant la croissance des cellules cancéreuses, ce qui les fait se suicider (19). Mais ceci est basé sur des études in vitro dans un tube à essai.

Les graines de lin pour l’hydratation

Environ la moitié de la population US se dit avoir une peau sensible, défini comme des picotements, irritations, brûlures, démangeaisons en réponse à divers facteurs environnementaux (20). Une prévalence élevée similaire a été rapportée en Europe et au Japon, en particulier chez les femmes. Souvent, il n’y a pas de signes évidents, et donc cet état a souvent été ignoré par la communauté médicale comme phénomène type « princesse et le petit pois », un état d’esprit qui a entravé les études sur le problème. Heureusement, maintenant c’est reconnu comme un véritable phénomène d’origine physiologique pensé provenir d’une altération de la barrière cutanée autorisant des substances potentiellement irritantes à pénétrer dans la peau et générer une réaction inflammatoire (21). Il a été constaté à ce titre que la supplémentation en huile de lin diminuait la sensibilité de la peau et améliorait la fonction et l’état de la barrière cutanée. Dans une étude randomisée à double insu de 12 semaines, les femmes recevaient environ une demi-cuillère à café d’huile de lin par jour en interne, contre de l’huile de carthame dans le groupe témoin. Cette demi-cuillère à café d’huile de lin correspond à environ une cuillère à café et demi de graines de lin. Après trois mois, il y avait une diminution significative de la rougeur de la peau dans le groupe lin, comparé au groupe carthame, quand un produit irritant a été appliqué sur leurs avant-bras pour mesurer la sensibilité de la peau (fig.1). Leur peau s’est aussi retrouvée nettement mieux hydratée, avec une bien meilleure fonction de barrière, comme en témoigne la perte d’eau trans-épidémique inférieure, une peau moins rugueuse, écailleuse et plus lisse (table 2). Les changements de la peau sont visibles avec une vue rapprochée de la peau. Initialement, dans les deux groupes, les peaux étaient à peu près aussi sèches et squameuses. Pour le groupe d’huile de carthame, il n’y a pas de différence avec l’état initiale. Tandis que dans le groupe lin, l’était de la peau s’est significativement amélioré après l’intervention (fig.3). La peau sensible est généralement traitée par application de lotions et de crèmes. Mais pourquoi ne pas la traiter depuis l’intérieur ? (22). Cette étude a montré que la supplémentation quotidienne en huile de lin améliorait l’apparence de la peau et diminuait la sensibilité cutanée en améliorant la fonction de barrière épidermique et en diminuant l’inflammation. Néanmoins, pour des raisons de cout et de stabilité du produit, il est recommandé de prendre les graines plutôt que l’huile. À condition de correctement les moudre car elles ne seront absolument pas digérée si elles sont avalées intacte. De plus, vous obtiendrez bien plus de nutriments et de bénéfices qu’avec la simple huile. Et contrairement à l’huile, on peut cuire les graines sans détruire les oméga-3 (table 3), et on peut même stocker les graines de lin moulues pendant un mois, à température ambiante (table 2), sans altération ni oxydation (23).

 

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